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Ce tableau de Caspar David Friedrich est découpé en deux plans. Au premier, cinq personnes se tiennent sur une plage. Plus loin, au large, cinq bateaux naviguent à des distances plus ou moins importantes. Sur la plage, le personnage le plus près du spectateur est un vieil homme se tenant de dos, face à la mer. Devant lui se tient un jeune homme portant un chapeau haut-de-forme. Plus loin encore, une jeune fille allongée à terre joue avec deux enfants. Les deux enfants jouent avec un drapeau suédois à côté d'elle. Les cinq personnages correspondent aux cinq navires dans le port à l'arrière-plan ; les trois positions de personnages (un vieil homme, deux adultes, deux enfants) font écho à la position des navires à distance du rivage, et sont une allégorie des étapes de la vie, dont la proximité de la mort. Le navire au centre représenterait la mère, alors que deux petits bateaux - renvoyant aux enfants - débutent à peine leur voyage ; à l'horizon, le navire le plus éloigné serait le symbole de l'homme âgé quittant la vie pour l'inconnu. Une autre interprétation suggère que les deux navires dans le lointain sont le père et la mère partant vivre leur vie et gagner en expérience et en sagesse en tant que parents, et que le grand navire le plus proche renvoie au vieil homme qui part en voyage au terme d'une vie entière.

Chaque début d’année, nous sommes invité·es — explicitement ou non — à formuler nos bonnes résolutions. Les dernières semaines ont été rythmées par les bilans personnels, souvent amplifiés par les rétrospectives automatiques des applications de nos téléphones. Le 1er janvier symbolise alors un nouveau départ, porteur d’espoir et de changement.

Selon les enquêtes annuelles IPSOS–FFEPGV, les résolutions les plus courantes concernent la santé, le sommeil, la détente, la perte de poids, l’alimentation, les relations ou encore la gestion du temps d’écran. Mais ces engagements sont-ils réellement efficaces ?

Les recherches montrent que le simple fait de prendre une résolution augmente les chances de changement. Une étude de Church et coll. (2001) souligne que les personnes qui formulent un objectif ont davantage de chances de modifier durablement leur comportement que celles qui ne le font pas.

TROIS FACTEURS DÉTERMINENT CETTE EFFICACITÉ

1. LE TYPE DE RÉSOLUTION : viser un objectif positif (« commencer à… ») est plus motivant que chercher à éviter quelque chose (« arrêter de… »).

2. LE SENTIMENT DE COMPÉTENCE : croire en ses ressources internes favorise la réussite (Norcross et coll., 2002).

3. LE SOUTIEN STRUCTURÉ : comme l’ont montré les travaux d’Oscarsson et coll. (2020), le soutien joue un rôle clé. Un cadre structuré avec des outils pratiques aide à clarifier les priorités et à planifier les actions.

Les résolutions gagnent ainsi à s’inscrire dans une démarche réfléchie, alignée sur ses valeurs.

Un cadre que l’on retrouve dans le livre Comment redonner du sens à sa vie, à travers un parcours en dix étapes — de l’évaluation des besoins fondamentaux à l’engagement concret dans l’action.

L’envie souvent ne manque pas ; la difficulté est de la transformer en réalisations concrètes, alignées avec ses valeurs profondes, en distinguant ses véritables besoins des injonctions sociales.

L’enjeu est de construire un parcours d’accomplissement durable — et non une chimère de plus à oublier en février.

Illustration : Les Âges de la vie de Caspar David Friedrich, huile sur toile (1834)

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