Nous savons beaucoup de choses sur ce qui est bon pour nous.
Mieux dormir.
Faire davantage d’activité physique.
Réduire le stress.
Manger équilibré.
Arrêter de fumer.
Et pourtant, savoir ne suffit pas.
C’est l’un des grands paradoxes du changement humain : nous pouvons comprendre ce qui nous ferait du bien… sans parvenir à le mettre en œuvre.
C’est précisément ce que j’ai abordé lors d’une conférence consacrée à l’« effet thérapeute » aux Rencontres TCC de Sainte-Anne.
Les recherches montrent en effet que l’efficacité d’une psychothérapie ne dépend pas uniquement de la méthode utilisée. Elle dépend aussi de la qualité de la relation qui se construit entre le thérapeute et la personne accompagnée.
Pourquoi ?
Parce que changer n’est pas seulement une question de compréhension.
Changer implique souvent de :
-
- faire face à l’inconfort
- renoncer à certaines habitudes
- affronter des émotions difficiles
- croire qu’un autre fonctionnement est possible
- ressentir que l’on a le pouvoir d’agir.
Autrement dit, le changement est autant émotionnel que rationnel.
Les thérapeutes les plus efficaces ne sont pas simplement ceux qui maîtrisent des techniques. Ce sont aussi ceux qui savent créer les conditions permettant à une personne de se remettre en mouvement.
Trois compétences me paraissent particulièrement importantes :
👉 L’authenticité, parce qu’une relation aide lorsqu’elle est humaine et crédible.
👉 L’empathie, parce que se sentir réellement compris favorise l’engagement dans le changement.
👉 L’évocation, parce que les changements les plus durables reposent rarement sur des conseils, mais sur la découverte de ses propres motivations et de ses propres raisons d’agir.
Au fond, cette réflexion dépasse largement le cadre de la psychothérapie.
Nous avons tous rencontré des personnes qui nous ont donné d’excellents conseils.
Et d’autres qui nous ont permis de changer.
Ce n’est pas toujours la même chose.
Nous changeons rarement parce qu’on nous dit quoi faire.
Nous changeons plus souvent lorsque quelqu’un nous aide à découvrir pourquoi cela compte pour nous.